mercredi 28 janvier 2009
Réjouissances
Le Dr L ne nous a pas donné plus de détails encore mais nous avons, grâce à nos connexions, obtenu l'opinion de la chirurgienne qui m'a opéré en juillet. Celle qui finalement a vraiment vu ce que j'avais dans le ventre.
En fait, Marie-Josée avait un rendez-vous avec elle pour recevoir les résultats de son échographie des seins. Sur ce sujet, tout est beau pour elle. La chirurgienne a exclu toute présence de cancer du sein pour le moment. Première réjouissance.
Ensuite, Marie-Josée en a profité pour lui soumettre tous mes rapports de scan. Celui du 21 juillet, du 14 octobre et du 13 janvier. Naturellement, elle n'a pas vraiment lu celui du 21 juillet puisque c'est elle qui l'avait commandé et donc le connaissait bien. Elle a lu le 13 janvier puis est retournée en arrière pour lire celui du 14 octobre. Elle qui avait décrit à Josée les tumeurs dans mon abdomen est catégorique. Je réponds remarquablement bien à la chimio et au Avastin puisque cette masse de 30 centimètres est disparue. Elle est allée jusqu'à qualifier mon cas de miracle, voilà une autre réjouissance.
Marie-Josée saute de joie à cette annonce. Moi, je suis très content. je me retiens pour ne pas trop sauter de joie par contre. D'une part mon hémato n'a pas démontré le même enthousiasme et d'autre part il reste encore quelques petits implants dans la région du foie et du côlon droit. La bataille n'est pas finie.
Ne vous méprenez pas par contre, je ne suis pas pessimiste. Je suis extrêmement heureux. Je souris d'un grand sourire narquois, du genre je vous l'avais dit qu'elle disparaîtrait cette /"$@ de tumeur. Mais j'avoue que j'ai hâte d'entendre mon hémato me dire: M. Raymond nous avons attteint l'objectif, vous êtes en rémission. Là c'est certain que je vais sauter de joie.
En entendant on continue de sourire, de se battre et ce soir on a trinqué à la disparition du monstre dans mon abdomen.
Santé!
mercredi 21 janvier 2009
Courbe à 90 degrés
Bon on savait qu'un jour je ne tolérerais plus ce poison mais disons que je croyais être capable d'en prendre encore deux ou trois fois. Disons que notre prochaine option doit être utilisé un peu plus tôt. C'est quoi cette option, c'est Folfiri. C'est-à-dire a peu près le même cocktail à l'exception de l'oxalipatine qui est remplacé par l'Irinotecan (Camptosar). Ce dernier a des effets secondaires différents de l'Oxali. Au lieu de la neuropathie qui me donnait une hypersensibilité au froid sous forme de picotement au bout des doigts, du nez et des orteils, je vais maintenant devoir gérer de la diarrhée.
Je suis donc retourné à l'hôpital aujourd'hui pour recevoir mon Folfiri. Il est 22:30 au moment où j'écris et le traitement se tolére bien.
Le côté positif:
-Mes doigts devraient revenir à la normale d'ici quelques semaines
-Le changement de produit pourrait avoir un effet bénéfique et accélérer la disparition des lésions. Il faut savoir que les cellules cancéreuses sont intelligentes et qu'elles peuvent s'adapter au poison qu'on leur envoie et réussir à y résister après un certain temps. Alors, de changer de poison peut surprendre les cellules et provoquer une meilleure réponse. Croisons nos doigts.
Conclusion
On doit toujours être prêt à prendre une courbe à 90 degrés.
mardi 20 janvier 2009
Un beau temps des fêtes
Le deuxième spectacle que nous avons vu durant le temps des fêtes est le classique Casse-Noisette à la place des Arts. Décision de dernière minute, typique je crois, des familles dans notre situation. Un excellent spectacle tant par la musique bien connue que par ses décors grandioses. Une excellente façon d’initier les enfants à la musique classique « live » et au ballet.
Nous avons aussi eu des journées de repos, sans horaire spécifique. Durant ces journées le levé du lit se faisait plus tard, la journée se passait en pyjama à jouer au différent jeu que les enfants ont reçu à Noël. Maman à jouer à la Barbie avec Élodie et Papa a joué avec les gars au Xbox et au Monopoly édition Monde.
Nous avons aussi joué au hockey bottine avec Jordan qui a endossé son nouvel équipement de gardien de but. Jordan adore jouer dans les buts et Tristan avec son expérience en hockey cosom devient un excellent attaquant. Élodie, elle, aime être dehors avec ses frères mais n’aime pas plus que ça le hockey.
Les enfants ont eu de beaux cadeaux. Ils ont joué beaucoup durant cette période de vacances. Ils adorent aussi leur caméra photo numérique. Grand-papa leur a fourni un appareil de qualité avec lequel ils peuvent, chacun, laissé aller leur côté artistique avec allégresse. Vive le numérique!
Je voudrais dire merci à ceux qui nous ont reçus. C’est certain que les vacances sont moins fatigantes quand tu ne reçois pas chez toi. Je parle surtout pour Marie-Josée parce que c’est elle qui a le plus à faire dans ces situations. Donc merci à Pierre et Sandrine, Lilianne et Bob, Johanne et Geneviève, Danielle et Bill et Grand-papa et Loulou.
Merci aussi à Grand-papa qui nous a invité au restaurant où il s’est assuré d’avoir le pianiste juste pour nous durant le souper et après. Très belle soirée où Josée en a profité pour relaxer totalement (avec un peu d’aide d’une excellente bouteille de vin;-).
Je dois aussi un gros merci à mon frère Jocelyn qui avant Noël est venu nettoyer le garage sous les instructions de Josée. Grâce à lui le garage pouvait accueillir la voiture de Josée. Jusqu’à ce que nous achetions le tapis roulant. Celui-ci monopolise maintenant le garage mais c’est pour une bonne cause. Josée peut continuer son entraînement lorsque la température ne lui permet de le faire à l’extérieur, je peux faire ma marche de santé à tous les jours où je le peux, et même les enfants l’utilisent. Élodie fais son 1 Km alors que Tristan et Jordan courent 3 Km. Maman est très motivante pour les enfants, ils veulent l’imiter.
Finalement, je veux remercier aussi Guy Boucher, un ami qui est en premier un ami de Pierre, qui est entraîneur au hockey junior majeur. Il a été nommé entraîneur-adjoint à Pat Quinn lors du championnat du monde de hockey junior qui avait lieu à Ottawa. Il m’a appelé pour m’offrir des billets. J’ai malheureusement dû refuser son offre mais je lui suis reconnaissant d’avoir penser à moi et mes garçons pour cette occasion.
Ce message peux vous sembler tardif mais j’avais commencer à l’écrire le 6 janvier. J’ai retardé parce que l’inspiration m’est venu pour d’autres messages plus court plus pertinent dans le temps etc. Il reste que je voulais vraiment dire toute la reconnaissance que nous avions pour nos proches qui formenotre réseau de support si important dans la situation que nous vivons.
Merci!
lundi 19 janvier 2009
Rendez-vous avec mon hémato - Dr L
En deux mots, les résultas sont positifs. Il y a légère régression selon les termes du radiologistes. Une des taches dans la région du foie (péri-hépatique) est passé de 1 cm à 7 mm. On ne devrait plus la voir au prochain scan celle-là. Le Dr était satisfait même s'il n'était pas super excité. Il était du même avis que Josée, pour dire que la régression est lente. Par contre les choses vont dans la bonne direction. Le rapport indique aussi au Dr L qu'il faut continuer avec les traitements sans changement pour le moment. Les marqueurs CEA sont maintenant à 6,2 (de 6,4 au dernier prélèvement) C'est peu mais encore une fois c'est dans la bonne direction.
Ce qui a été le plus fascinant dans cette rencontre c'est le fait que le rapport du radiologiste est assez vague et on a remarqué que dans les trois rapports de scan aucun ne fait mention des masses importantes vu par la chirurgienne en juillet. Quand on a demandé au Dr L ce qui en était de ces masses, il ne pouvait pas nous répondre. Alors c'est intriguant de constater après trois scan qu'il n'y pas mention de masse de trente centimètre comme la chirurgienne l'a décrit à Marie-Josée en juillet. C'est à suivre parce que Dr L nous a promis de relancer le radiologiste sur ce point et sur les détails du dernier rapport.
Retenez ceci, qui va piano va sano, lentement mais sûrement c'est une philosophie qui me colle bien. Quand il s'agit de vaincre le cancer j'ai tout le temps sur la terre.
dimanche 11 janvier 2009
C'est pas juste
L'énergie avait quitté mon corps comme une voleuse, rapidement sans avertir. Marie-Josée est retournée skier avec les trois enfants, sans moi. Pendant ce temps, je retirais mes bottes, mettais mon équipement dans la fourgonnette et m'endormais sur le siège avant. Je me suis fait réveiller par un appel de cellulaire. C'était Josée mais je n'ai pas répondu à temps. Je suis donc sorti de la van et me suis dirigé vers le remonte pente. J'ai croisé Josée qui se dirigeait à la toilette avec Élodie. Les deux gars étaient repartis pour une descente en attendant. Le sentiment qui m'a envahi quand j'ai réalisé que je n'avais pas pu aider ma femme à gérer les enfants, ouf!
Marie-Josée malgré mon insistance s'est occupé d'Élodie. Moi je suis retourné dans la voiture. Je ne me suis pas rendormi mais je me suis reposé au point où je me croyais ragaillardi. J'ai donc quand même participé au rapatriement du matériel à la fin de la journée de ski: 15:40. En moins de trois heures de ski, la famille a réussi à enfiler 7 descentes (même huit pour Tristan qui en a fait une tout seul). Puis j'ai insisté pour prendre le volant que ma femme s'offrait à prendre. Par contre il me semblait essentiel de prendre un café au Tim de St-Sauveur. Malgré la caféine, ma femme, m'observant, me supplie de la laisser conduire. Ce à quoi j'acquiesce à la hauteur de Mirabel où dès que j'ai pris place à droite, je m'endors comme un enfant.
Mon réveil s'est fait au Costco de Boisbriand lorsque mon épouse et mon plus vieux vidaient le panier après des emplettes de 45 minutes. Tout ce temps j'ai dormi dans l'auto avec mes deux autres enfants. Ma femme était souriante et mon plus vieux était tout aussi enthousiaste d'être l'homme de la famille. C'est là que j'ai craqué. Je me suis mis à pleurer et j'ai dit à ma femme, ce n'est pas juste... Marie-Josée surprise me demande qu'est-ce qui n'est pas juste?
Ce n'est pas juste que mes enfants aient à vivre avec mon cancer. Ce n'est pas juste qu'ils aient à devenir vieux si vite. Tristan a continué à agir en homme en arrivant à la maison. Il a vidé la fourgonnette avec sa mère, il a entré du bois pour le foyer et tout ça avec le sourire et la force d'un jeune homme. Je vous rappelle qu'il a 11 ans pas treize, pas quinze, onze ans. Jordan lui, à 9 ans, a parti le feu de foyer.
Les émotions se mélangent dans une période comme celle là. Je suis fier d'avoir des enfants comme les miens. Mais en même temps, je me suis senti comme la moitié d'un homme n'étant pas capable d'aider. Ma femme doit supporter un poids colossal à cause du cancer. Une vie que nous menions daredare avec deux adultes en pleine possession de leur moyen, c'est tout autre chose quand on devient 1 et un quart. La répartition des tâches n'est pas égale, Marie-Jo fait maintenant du 1 et 3/4 alors que moi je fourni 1/4. Pire, dans mes journées post-chimio, je ne fourni rien et je deviens un fardeau. Vous comprenez ici que le style de vie et le rythme reste au même niveau donc Josée doit fournir plus que sa part.
Ce n'est pas juste.
C'est fou parce que la justice a toujours été un sentiment cher à mon cœur. La plupart des querelles de ma vie ont été à cause d'injustice (perçue ou réelle). Au hockey, au soccer, les arbitres et les joueurs adverses se faisaient enguirlander si je voyais de l'injustice. Avec ma femme, dans les débuts, les chicanes avaient souvent pour sujet une injustice quelconque. Finalement, on dit que le cancer donne des leçons, qu'il faut écouter pour bien saisir. C'est difficile mais je tente d'être à l'attention. Dans ce cas-ci je crois que quelqu'un essaie de me faire comprendre que l'orgueil ne devrait pas exister, que la fierté est un sentiment beaucoup plus noble.
Aussi, il faut que j'apprenne à vivre, temporairement, avec des limitations dues à mes traitements et accepter l'aide des autres même quand les autres sont ma femme et mes enfants. J'en ai pleuré un coup hier, j'étais probablement dû ... ou j'étais faible à cause des traitements (clin d'œil ;-)
J'aurais d'autre choses à dire mais je me sentirais redondant alors bonne journée!
mardi 30 décembre 2008
Ecrire un livre
Je lui réponds : "qu'est-ce que tu veux faire".
Je veux écrire un livre sur le cancer qu'il me répond.
-Il faut que tu fasses beaucoup de recherche pour écrire un livre sur le cancer.
-C'est pas vraiment sur le cancer mais sur les émotions du cancer.
Wow! Que je me suis dit à moi-même.
-Alors tu n'es pas trop jeune, tu peux commencer tout de suite. Utilises ton petit journal pour y consigner ton manuscrit.
Il est parti chercher son petit calepin. Il a écrit le titre: Les émotions du cancer.
Il a ensuite écrit sa première phrase:
Je trouve que la partie la plus difficile c'est d'apprendre que la personne que vous aimer a le cancer.
Je peux vous dire que j'avais de l'eau dans les yeux. En même temps j'avais un sentiment de fierté de voir que mon garçon de 9 ans était capable d'exprimer ses émotions et qu'il veuille les consigner par écrit. Vous direz ce que vous voulez mais c'est pas évident de faire face à ses émotions et de les identifier. Quand on en est capable à cet âge on est bien parti dans la vie.
lundi 29 décembre 2008
Rapport de la grosse journée
Notre rencontre avec Dr L n'a pas été tout à fait comme nous l'envisagions. Disons que nous étions, Marie-Josée et moi, un tant soit peu trop enthousiasme et nous avons senti qu'il voulait nous ramener sur terre.
Nous avons posé des questions très pointues sur mon éventuelle chirurgie:
- quand
- comment la décision se prendrait,
- quels sont les éléments déclencheurs,
- de combien les masses devaient réduire, etc.).
Toutes ces questions avec un ton et une attitude de certitude dans l'avènement de cette chirurgie. Dr L a répondu avec des termes et particularités de langage qui nous ont refroidi pas à peu près. J'ai senti qu'il nous trouvait un peu trop optimiste, que nous avions peut-être développé des attentes un peu trop élevées, et qu'il voulait nous recentrer.
Il a mentionné que les traitements progressaient bien mais que c'est difficile de prévoir la réaction du cancer, les choses peuvent changer rapidement. Il a mentionné que l'objectif principale pour lui était de m'amener vers une rémission et de m'y garder le plus longtemps possible, laissant sous-entendre par le fait même que la guérison était peu envisageable. Il a aussi mentionné mais sans grande conviction que la décision de procéder à une chirurgie serait prise par une équipe de chirurgiens spécialisés, non pas par lui.
Je vous fais grâce de reste du rendez-vous mais je conclus ainsi, Marie-Josée et moi sommes sorti pas mal déprimé de la rencontre.
Pourtant, Il n'a rien dit que nous ne savions pas déjà. C'est juste que nous en étions rendu à espérer que les choses bougent rapidement, comme avoir une opération au printemps, mais les propos du doc nous ont ramené à une autre réalité.
Dans ces circonstances vous comprendrez que nous avons mis quelques jours à cogiter avant de nous remettre en selle. Finalement, le médecin a fait son travail, il a tenté de gérer nos attentes basé soit sur des statistiques soit sur son expérience. Je compte bien ne pas correspondre ni à l'un ni à l'autre. Je l'ai dit depuis le début, je vis très bien avec le fait d'être un cas d'exception et je vais l'être dans toutes les phases de ma guérison. J'ai même dit au docteur avant de sortir du rendez-vous, "un jour vous allez utiliser mon cas dans vos conférences pour illustrer anecdotiquement le potentiel d'Avastin".
De plus il n'y avait pas que du négatif, cette journée là on a aussi appris que mes CEA étaient rendu à 6,4. On approche du 5, "watchez ben" les résultats le mois prochain. En passant en même temps que les marqueurs en janvier, je vais aussi avoir mon troisième scan abdominal. Je compte bien surprendre le Dr L avec une réduction imprévue des grosses masses.
Si vous vous demandez pour la chimio du 16 décembre et bien je l'ai reçue comme prévu avec une double dose de Benadryl (50 mg intraveineux). Je n'ai pas eu de réaction allergique ce qui est bien. J'ai eu tout un buzz par contre. Je vous dirais que je sais maintenant pourquoi je n'ai jamais pris de drogue de ma vie (sauf l'alcool), c'est parce que j'haïs le feeling. Cette sensation de tête dans les nuages avec un corps qui pèse une tonne et dormir sans dormir parce qu'on entend tout ce qui se passe autour. Je le prends parce que cela me permet de continnuer mes traitements de chimio selon le plan prévu mais ce n'est pas quelque chose que je ferais pour le plaisir, non monsieur.
A la prochaine!
mercredi 24 décembre 2008
Joyeuses Fêtes!
Songez-y si vous êtes en santé quels problèmes vaut le temps de s'y attarder?
Joyeux Noël et bonne année!
lundi 15 décembre 2008
Demain...grosse journée.
Quel coïncidence que je rencontre Dr L, mon hématologue, le jour de l'anniversaire de naissance de ma mère. La rencontre est importante parce que je vais savoir comment le docteur veut gérer mes réactions allergiques. J'ai aussi des questions à lui poser sur ce qui s'en vient: 2 derniers traitements selon le plan initial mais combien d'autres devrai-je recevoir? Comment évalue-t-il le moment propice pour m'opérer ou en d'autres mots quel genre de réduction des masses espère-t-il avant de me référer en chirurgie? Quel sera la date de mon prochain scan? Puis-je avoir une pause de chimio d'une semaine durant les fêtes sans compromettre le progrès obtenu? Quel est le niveau de mes marqueurs, eh oui! Cela fait déjà un mois.
Je suis certain que ma mère sera là derrière mon épaule... qu'est-ce que je dis là, elle va être dans la face du doc prête à lui donner une claque en arrière de la tête s'il ne me donne pas la bonne réponse. Je l'entends lui dire: Vous allez le guérir ou sinon mon nom n'est pas Raymond.
Note: pour ceux qui lisent ce blogue sans connaître tous les détails sur ma famille, ma mère est décédé, je fais donc référence à sa présence en esprit bien sûr.
Oui... Demain est une grosse journée.
Sur un autre sujet, nos garçons ont compétitionné en fin de semaine. Ils ont récolté chacun une médaille d'argent. Ils ont fait du beau judo comme leur père aime. Souple, varié, respectueux mais avec une belle détermination douce sans une agressivité mal placée. Dans les deux cas c'était à un poil de la médaille d'or mais le judo est un sport au revirement rapide et final. D'ailleurs Tristan a bien appris la leçon que ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini. Il perdait son avant-dernier combat quand à 10 secondes de la fin il a contre-attaqué et marqué le point décisif: Ippon. Il était fier d'avoir persévéré et ainsi lui permettre de participer à la finale.
Jordan a démontré beaucoup de progrès dans son judo au sol. Il a d'ailleurs gagné deux combats grâce à ses enchaînements debout-sol réussis.
Vendredi sera le dernier cours de judo avant Noël. Luc a lancé l'invitation au parent d'embarquer sur les tatamis. Devinez quoi? Marie-Josée a décidé qu'elle participerait. En trois ans c'est la première fois qu'elle accepte d'endosser le judogi et de se tirailler sur les tatamis avec ses garçons. Je suis certain qu'elle va être pas mal sexy dans mes nouveaux judogis de compétitions. Je ne serai probablement pas assez en forme pour me joindre à eux (trois jours post chimio) mais si j'ai le moindrement assez d'énergie je ne manquerai pas l'occasion de taquiner ma femme sur le tapis. le cas échéant Élodie s'habillera elle aussi et ce sera une vraie affaire de famille.
Finalement, à part les lumières extérieures nos décorations de Noël sont installées, arbres inclus. C'était fameux de voir Élodie et Jordan collaborer pour disposer le petit village de Noël. Cela a commencé avec de la chicane mais ça c'est terminé en beauté. Élodie est à l'âge où l'émerveillement des fêtes est à son maximum. C'est yeux s'illuminent quand elle parle de la venue du Père Noël. Jordan, pour la première fois, participe à l'enchantement de sa soeur en lui expliquant les détails pertinents comme de ne pas faire de feu dans le foyer, laisser des biscuits, du lait et des carottes pour Papa Noël et ses rennes et surtout bien dormir parce que si on ne dort pas le Père Noël ne vient pas ;-) Vous savez cela non?
Je vais me coucher car demain le rendez-vous est à 8:10, c'est tôt avec la circulation sur la 15.
Bonne nuit!
mercredi 10 décembre 2008
C'est l'hiver mes amis
Certain croit que mon moral est bas je pense à cause de certaines circonstances dans les derniers jours.
La fin de semaine passée j'avais invité mes deux jeunes frères à venir regarder le football en haute définition sur écran géant. Le jour même ma belle-soeur Sandrine a eu la délicatesse de confirmer que tout allait bien pour la visite. Tout allait bien sauf qu'elle m'a dit au téléphone que la pitchounette (Clara) avait un rhume. Alors j'ai hésité avant de prendre une décision mais j'ai dû me résigner à repousser cette visite. Sandrine a été charmante parce qu'elle ne m'a laissé aucun doute qu'elle comprenait très bien ma position et que ce n'était pas un problème.
La raison pour laquelle nous avons repoussé cette après-midi de football est, comme vous le savez tous, que mon système immunitaire est affecté par la chimiothérapie. Pour moi contracter un simple rhume signifie un séjour à l'hôpital. Alors autant je voulais passer du bon temps avec mes frères autant je ne désirais pas attraper le rhume de pitchounette. De plus si ce n'était pas moi cela aurait pu être mes enfants qui auraient attrapé ce rhume, ce qui m'aurait forcé à porter un masque à la maison pendant un bout de temps et d'éviter de m'approcher d'eux. Vous allez me dire: "Ouais mais tes enfants vont à l'école, ils peuvent l'attraper quand même". C'est certain mais c'est plus facile de repousser une visite de famille que de ne pas envoyer mes enfants à l'école. Alors on gère les risques comme on le peut.
En parlant de système immunitaire, je vais vous donner des détails sur la réaction de mon corps. Comme je vous l'ai dit j'ai eu une réaction allergique pendant le huitième traitement. Au neuvième traitement ils m'ont donné du Benadryl en prévention mais j'ai quand même, à la toute fin du traitement, eu une réaction allergique (moins puissante que la première mais tout de même). Cette situation peut être problématique ou peut-être pas, nous le saurons la semaine prochaine quand nous allons parler au Dr L. Il a sûrement plusieurs options parmi lesquelles choisir. L'arrêt du traitement n'est pas la seule et n'est certainement pas souhaitable.
L'autre élément qui me préoccupe un peu (je dis un peu) c'est les saignements de nez. Depuis le huitième traitement j'ai des préoccupations nasales. Mon nez est très sec et je congestionne durant la nuit. Le matin quand je suis indiscipliné et que je mouche sans préparation, je perturbe mes parois nasales (je pète des veines) et le nez se met à saigner assez abondamment. OK, j'ai déjà vu du monde saigner plus que ça mais pour moi c'est très inhabituel. Après le neuvième traitement il s'est mis à saigner juste parce que je forçais un peu pour évacuer mon intestin. De plus comparer à la période post 8ième, cette fois cela a pris 6 jours avant de se calmer. La source de ce problème peut être multiple et même combinée (maison plus sec dû au chauffage, Avastin, nombres de plaquettes bas), mais c'est certainement un élément que je discuterai avec Dr L.
Changement de sujet, J'ai pelleté l'entrée hier... 2 fois. La première fois il était environ 15:30, je venais de prendre les enfants à l'école. Ils m'ont tous aidé selon leur capacité. Tristan m'a vraiment impressionné. Il n'a que 11 ans mais on peut sentir l'adolescent, l'homme même qui pousse en lui. Il a démontré beaucoup de force et de détermination dans l'enlèvement de cette neige.
Par contre quand Marie-Josée est arrivée vers 19:00, c'est comme si nous n'avions pas déneigé du tout. Cette fois j'ai décidé de tenter de démarrer le chasse-neige (la souffleuse). Inquiétez vous pas je n'ai pas beaucoup forcé car elle est équipée d'un démarreur électrique. Alors quelques coups de pouce sur le siphon, quelques coups de pouce sur le démarreur et elle a finalement fait vroum vroum. J'ai donc refait l'entrée au complet pour une deuxième fois. J'étais très fier d'avoir la force pour le faire mais en plus comme tout bon macho, je me suis dépêché pour pouvoir faire l'entrée de mon voisin préféré avant qu'il arrive. J'ai manqué mon coup parce qu'il est arrivé alors que je terminais mon entrée. Je l'ai quand même aidé un peu puisqu'il a opté de faire son entrée à la pelle. J'étais bien content de pouvoir lui donné un coup de main avec mon vieux chasse-neige. J'étais tellement absorbé par la tâche que j'ai perdu la notion du temps et quand je suis finalement rentré il était 22:00. Toute la famille était au lit.
Il n'y a pas que la force que j'étais content d'avoir pour déneigé, il y a aussi le fait que j'ai réussi à m'habiller d'une façon adéquate pour empêcher les doigts et le visage de me piquer (effet secondaire encore une fois de la chimio). Cela m'a donné l'espoir que je pourrai faire du ski et d'autres sports d'hiver en autant que je suis bien emmitouflé. Ce n'est pas évident, vous savez, surtout pour le nez. Ce dernier est un problème parce qu'on ne peut pas le cacher complètement sans étouffer ou créer une zone de glace sur la cagoule. Tout de même, ma combinaison cagoule de polar et casque de poil à oreille a fait l'affaire hier soir.
Merci de continuer à me lire et passez une bonne journée!